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Banques centrales et Covid-19 : bilan de l‘année 2020

Mathilde Deffrasnes - 08/02/2021


La pandémie du coronavirus Covid-19 a bouleversé l’intégralité de cette année 2020.

Afin de limiter la propagation du virus, les différents gouvernements ont rapidement mis en place les mesures sanitaires que nous connaissons et qui ont eu pour effet l'extrême ralentissement de l’économie.

Cette crise sanitaire s’est ainsi vite transformée en crise économique, appelant des réactions fortes des banques centrales.

Celles-ci ont su réagir très vite et avec une ampleur inédite, leur but étant de soutenir l’économie réelle tout en maintenant la stabilité financière.


Lorsqu’elles le pouvaient, les banques centrales ont bien sûr baissé leurs taux directeurs : la Federal Reserve (Fed) et la Bank of England (BoE) n'ont pas longuement hésité à ramener leurs taux à 0%.

D’autres banques centrales comme la Banque Centrale Européenne (BCE) et la Bank of Japan (BoJ) n'ont pas pu recourir à ce levier, leurs taux directeurs étant déjà au plus bas : taux de refinancement à 0% et taux de dépôt négatif à -0.5% pour la BCE, et taux directeur de -0.1% du côté de la BoJ.

Les marchés, toujours à l'écoute du moindre signal communiqué par les banques centrales, semblent n'anticiper aucune remontée de taux pour 2021.


Face à l’ampleur de cette crise et au nombre limité d’outils à leur disposition, la Fed, la BCE et la BoJ se sont alors tournées vers des programmes de rachat d’actifs sur les marchés d'un volume inédit.

Doublant la valeur de l’actif de son bilan, la Fed a mené un programme de Quantitative Easing particulièrement massif, et marqué par le rachat de titres de dette classés en junk bonds (notation BB ou moins par Standard & Poor’s, Ba ou moins par Moody’s). Signalant qu'elle n'était pas à court de ressource et bien déterminée à soutenir la stabilité des marchés la Fed a en effet assoupli ses critères en incluant dans son périmètre de rachat les Fallen Angels, ces dettes déclassées d'investment grade à speculative grade en raison de la crise.


Les banques centrales, par ces injections massives de liquidité dans les marchés, sont parvenues à limiter les effets de la crise. Le bilan de l’année 2020 est dans l’ensemble positif pour les marchés financiers (S&P 500 +16.26%, NASDAQ +43.64%).

Notons cependant que les banques centrales sont plus que jamais exposées au risque de crédit. Nous pouvons sérieusement nous demander quel serait l’impact sur l’ensemble du système financier d’une multiplication de faillites des entreprises qui ne survivraient pas à la crise actuelle sur le long terme.

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